Souvenez vous, alors que vous achetez votre tablette numérique ou votre liseuse, qu’il existe divers formats de ebooks, pas tous adaptés à votre future acquisition… au point qu’on s’y perd un peu…
ePub, Mobi, Prc, Azw, Cbr, Cbz…
…Wikipédia les a recensés et comparés pour vous. Sans rentrer dans les détails, il en ressort que le format ePub est le format le plus généralement lisible, mais qu’il est plutôt utilisé pour du texte simple, car il est difficilement adaptable à une mise en page plus élaborée (au moins dans la version actuelle du format). En revanche, il permet facilement de changer la taille des caractères par exemple. Le format PDF est lu par quasiment toutes les liseuses, mais c’est un format créé avant l’avènement du ebook et la présentation des formats adaptés aux Ebook Readers est souvent meilleure. Et les autres ? Azw est le format propriétaire du Kindle d’Amazon qui refuse d’ajouter la possibilité de lire le format ePub à sa liseuse. Un moyen d’obliger le propriétaire du Kindle à se procurer ses ouvrages chez Amazon ? C’est aussi une façon de rassurer les éditeurs en protégeant leurs ouvrages de DRM, d’où le très important catalogue d’Amazon. Le Sony Reader quant à lui offre sa lecture au format Lrf, mais aussi au format ePub, tandis que l’iPad est plus spécialement dédié au format ePub (avec ou sans DRM).
Prisonnier du format
Le néophyte doit-il angoisser à chaque achat : « Ce fichier est-il adapté à ma liseuse ? Et comment faire si je change de liseuse et que je ne veux pas perdre ma bibliothèque ? »
Déjà en 2010, à la BookExpo America, les acteurs de la filière livre et livre numérique tombaient d’accord sur un point : l’ebook se développera lorsqu’un format de fichier standard s’imposera. Ce qui n’est pas du goût d’Amazon, Sony, Barnes & Nobles ou Apple qui poursuivent le but de conquérir le marché grâce à une offre protégée foisonnante, en accord avec les éditeurs.
Même si quelques catalogues s’ouvrent à des tablettes concurrentes, comme en attestent les applications iPad d’Amazon ou de Barnes & Nobles, les utilisateurs sont-il engagés à chercher à réduire à néant les protections d’un fichier acheté par erreur, ou pire, à se tourner vers l’offre illégale, plus facile d’utilisation ? Le monde de la musique s’est heurté à ce problème : leur politique protectrice n’ayant fait qu’accroître les téléchargements illégaux, les maisons de disques vendent maintenant la musique sans DRM sur iTunes et autres plateformes de téléchargements. Est-ce qu’on peut attendre un développement similaire pour les livres numériques ?
Interopérabilité ou évasion de la bibliothèque
C’est sans doute ce qui a motivé la déclaration de Neelie Kroes (commissaire européenne en charge de la société numérique) au salon de Francfort qui demande l’interopérabilité. Acheter ses ouvrages où l’on veut pour les lire sur la liseuse que l’on veut, le rêve ! Et même les librairies indépendantes y trouveraient leur compte. Alors tous au format Epub sans DRM ?
Malheureusement, ce n’est pas si simple : combien coûterait le Kindle si Amazon n’était pas assuré de vendre à leur possesseur son contenu ? Les recettes issues de la vente de ses ebooks n’étant plus assurées, on peut imaginer que la liseuse elle-même serait moins accessible. Et cette remarque est-elle annonciatrice d’une loi bien difficile à mettre en place ? On est encore loin d’un consensus sur le sujet. Mais à mon avis, ce serait un formidable progrès que de se tourner vers les formats ouverts et sans DRM. Les utilisateurs ne peuvent pas se contenter d’être enfermés dans un système trop restrictif ; personne n’a envie de perdre sa bibliothèque quand il change de liseuse, et toutes ces contraintes ne font que freiner l’essor d’un outil au possibilités infinies !